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Déploiement et récupération Flotteurs Argo-BGC

4 jours en Méditerranée, Golfe de Gênes - 10 au 13 janvier 2025.

Deuxième mission de Vela Lab, c'est parti pour quelques jours de navigation dans le Golfe de Gênes! Au programme, un déploiement de flotteur Argo en collaboration avec le laboratoire de Villefranche-sur-Mer. L'objectif est de déployer ce flotteur à environ 5 milles nautique au sud de la bouée météo italienne W1-M3A, en plein cœur du golfe, suivi d'une récupération d'un flotteur Italien (qui prends l'eau et qu'il faut donc récupérer!) au large du Cap Corse.



Objectif 1 - Déploiement d'un flotteur profileur BGC-Argo, Projet GEORGE, Laboratoire d'Océanographie de Villefranche-sur-Mer

Vendredi 10 janvier, on part rejoindre Antoine et son voilier Vertigo, un Gibsea 28 (8 mètres 50). Cette fois ci, on ne part pas avec notre voilier, qui est à Porquerolles, un peu loin du Golfe de Gênes. On se rejoint au port en face du laboratoire de Villefranche-sur-Mer pour charger le flotteur. Une belle bête! 2m de long, 80kg, ce qui lui vaut la cabine avant du capitaine rien que pour lui.


On regarde et on discute une dizaine de fois de la météo qui s'annonce un peu hasardeuse dans le Golfe. La fenêtre météo est un vraie casse-tête : un coup de nord, suivie d'un coup de sud, sachant que l'on doit déployer de nuit, récupérer de jour, et tout ça avec une houle à peu près favorable pour les manips! Finalement, on choisit une fenêtre météo, départ dans l'après-midi. Mais avec 30 noeuds à la sortie de la baie alors que 10 étaient annoncés, on change (encore) de fenêtre météo car la navigation s'annonce mouvementée. On décide de faire cap vers le port de Menton. Après 2h et 25 noeuds de travers, un petit bout de génois déroulé, on arrive au coucher du soleil sur Menton, et on profite d'une bonne nuit à quai.



Le lendemain, réveil à l'aube et départ à 6h du matin, pour une traversée de 17h jusqu'au point de déploiement. La mer et le vent se sont bien calmés, la mer est assez clémente et la majorité du trajet se fait à la voile, même si on doit mettre le moteur pour avancer et être dans les temps dans notre planning de déploiement! On peut même mettre le spi pendant presque 2 bonnes heures, on avance petit à petit. On arrive sur zone, en avance, vers 23h. À 23h30, après avoir déclenché le flotteur, on procède à sa mise à l’eau depuis le voilier.


Déploiement du flotteur - 23h30



Le point science

Ce flotteur s’inscrit dans le cadre du programme de recherche GEORGE, dont l’objectif est d’améliorer la compréhension des échanges entre l’atmosphère et l’océan. Ce programme repose sur l’utilisation de plateformes autonomes, comme les flotteurs Argo. Ceux-ci appartiennent à un réseau d’observation mondial particulièrement dense, avec près de 4 000 flotteurs actuellement déployés à travers l’ensemble des océans. Voir: https://www.euro-argo.eu/


Les flotteurs Argo fonctionnent grâce à un système de ballast interne qui se gonfle et se dégonfle à l’aide d’une pompe et d’un circuit d’huile. En modulant leur flottabilité, ils effectuent des profils verticaux dans la colonne d’eau, depuis la surface jusqu’à environ 1 000 mètres de profondeur, pendant des périodes pouvant atteindre quatre ans. Au cours de ces cycles, les flotteurs dérivent avec les courants et acquièrent en continu plusieurs paramètres essentiels, tels que la température, la salinité, le pH, et également la vitesse du vent.


La mesure du vent depuis un flotteur ce mesure à partir d'un capteur acoustique. Le vent qui souffle à la surface de l’océan génère de la friction et de la turbulence, produisant vagues, bulles et agitation de surface, à l’origine d’un bruit acoustique mesurable sous l’eau. Le flotteur enregistre ce bruit, dont l’intensité est directement liée à la vitesse du vent en surface. Cette relation permet d’estimer le vent de manière indirecte. Une information particulièrement précieuse, car la vitesse du vent contrôle en grande partie l’intensité des échanges de gaz entre l’océan et l’atmosphère, et joue ainsi un rôle central dans le cycle du carbone.


Tout se passe bien jusque ici, cap vers le Cap Corse (20 mn) vers notre 2ème objectif : récupération du flotteur italien!


Objectif 2 - Récupération Flotteur Profileur BGC-Argo, NKE Instrumentation

Pour savoir où est le flotteur, on reçoit toutes les heures sa position qui nous est envoyée par l’équipe à terre depuis notre téléphone Iridium. Ces positions viennent du site Argo Recovery, qui les transforme en positions AIS qu’on peut utiliser pour naviguer (ici, on peut voir tous les flotteurs qui attendent d'être récupérés : https://floatrecovery.euro-argo.eu/). On ajuste notre cap au fur et à mesure pour se rapprocher du flotteur.


Mais notre Iridium n’est pas super fiable, et on ne reçoit pas toujours les positions. On continue quand même. Quand on arrive au dernier point connu, il date déjà de 40 minutes. Le flotteur a eu le temps de dériver, et pour couronner le tout, il y a 20 nœuds de vent et 1,5 mètre de houle, alors que la météo annonçait la pétole. Ça ne facilite pas la recherche!


On se positionne sur ce point et on se laisse dériver, pour “faire comme lui”. Première tentative, pas de flotteur en vue. On recommence, et là… improbable, mais on l'aperçoit ! Son antenne sort de la houle puis disparaît, et tout de suite, l’un de nous doit le garder à l’œil en permanence. On est toujours sous voile, alors on met le moteur et on affale les voiles pour préparer la récupération. Mais en s’approchant… le moteur s’arrête ! On déroule vite le génois et on passe en mode manœuvre homme à la mer : récupérer le flotteur sous voile. Et ça marche ! On arrive à le crocheter à l’arrière du voilier, on met un second point d’accroche pour sécuriser, le remorquage commence.



Les conditions sont toujours soutenues, 20 à 25 nœuds de vent, au près, avec le flotteur une vingtaine de mètres derrière nous, une belle ancre flottante... On avance lentement, mais heureusement, le vent est là. On a environ 80 milles nautiques jusqu’à Villefranche, mais vu les conditions, on vise plutôt Imperia, en Italie. Toute la nuit, on traverse dans le vent et la houle, c'est bien mouvementé. Au point où les causses des batteries sautent, plus de pilote... Il faut barrer à tour de rôle toute la nuit ! De toute façon, au vu de vent, le petit pilote ne tient pas. En approchant des côtes italiennes, toujours impossible de rallumer le moteur pour prendre un cap, ni de le réparer à cause de la mer. On tire de très longs bords pour progresser vers Villefranche. Notre arrivée prévue dans la nuit du 12 au 13 janvier est repoussée, on arrivera finalement le 13 dans la journée.



Près de Beaulieu, la mer se calme enfin! On en profite pour regarder le moteur : le préfiltre est encrassé, sûrement à cause de la houle qui a remué les dépôts du fond du réservoir. On change le préfiltre, le moteur repart, et on peut terminer au moteur. On arrive au port de Villefranche vers 13h. Antoine du LOV, et Pierre de Nke nous attendent à l'entrée du port. Miracle : Le flotteur n'a pratiquement rien et tous les capteurs sont encore bien fixés !



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