top of page

Premiers milles, premières galères

6 juin
3 min de lecture

Derniers adieux sur le quai, les amarres sont larguées, notre nouvelle trinquette bretonne et la grand-voile sont hissées. On passe le rocher des Mèdes, la pointe Est de Porquerolles et, un peu plus tard, on laisse l'îlot de la Gabinière dans notre sillage. On a encore du mal à réaliser, mais ça y est, je crois qu'on est vraiment partis.


Avec une vingtaine de nœuds de travers, le bateau file à 6 nœuds au cap 120°, direction Ajaccio. Une traversée de 24 heures, avec déjà les premiers signes de fatigue du moteur... Par précaution, on le laisse tourner une vingtaine de minutes toutes les trois heures, par peur qu'il refroidisse et surtout qu'il refuse de redémarrer.



On arrive à Ajaccio en début d'après-midi, fatigués des dernières semaines de préparation et de la reprise du rythme de navigation. En fin de journée, on tente de redémarrer le moteur : plus rien. Silence total. Le point positif, c'est qu'on a eu le flair de ne pas le laisser se refroidir pendant la traversée !


Ajaccio et les mécanos !


Notre première semaine est donc largement consacrée à trouver un mécanicien. Pas évident en plein début de saison...


Deux premiers mécaniciens réussissent à passer. Pendant plus de deux heures, ils démontent entièrement le circuit de gasoil, inspectent le moteur dans tous les sens et appellent un troisième mécanicien. Pendant ce temps-là, nous, on se décompose un peu plus à chaque nouvelle hypothèse de panne. Finalement, le moteur finit par repartir au Start Pilot. On triche un peu, mais c'est agréable de l'entendre ronronner à nouveau ! Le lendemain, rebelote : impossible de démarrer. Le problème est toujours là. Les deux mécaniciens finissent par jeter l'éponge, tout en nous offrant généreusement leurs heures d'intervention. Mais retour à la case départ...


Entre deux appels, on croise par hasard le club de voile Mare e Vela qui sort du port d'Ajaccio pour une journée de régate. Un joli clin d'œil puisque c'est le club de voile de l'enfance de Paco, situé en face d'Ajaccio sur la plage de Portigliolo, et aujourd'hui sponsor de VelaLab !


Aprés une multitudes de tests sur le moteur et de réammorcage de notre coté on commence à perdre patience mais deux jours plus tard, un troisième mécanicien accepte finalement de passer... un 1er mai. Coup de bol, sinon il n'avait aucune disponibilité. Il remonte soigneusement tout ce qu'on avait démonté, mais le moteur refuse toujours de démarrer. Il décide de vérifier le circuit de préchauffage. Pas de courant, le relais de préchauffage est grillé ! Une fois remplacé, le moteur démarre au quart de tour. 5 jours bloqués, des journées de mécaniques intenses, 4 mécaniciens, tout ça pour un petit relais grillé.


On peut enfin se replonger dans les fichiers météo et la navigation, avec un départ prévu le lendemain pour être sûrs que tout fonctionne bien.



Cap sur la Sardaigne

Les deux semaines suivantes sont consacrées à fiabiliser le bateau. On règle plusieurs petits soucis techniques, notamment un problème de guindeau, tout en composant avec une météo parfois compliquée.


On descend alors la côte ouest corse en passant par Propriano, puis Bonifacio, dont l'arrivée en voilier reste assez impressionnante !



On traverse ensuite les Bouches de Bonifacio vers la Sardaigne : Santa Teresa, l'archipel de La Maddalena, La Caletta, le magnifique golfe d'Orosei puis Porto Corallo, dans le sud-est de l'île.

On redécouvre aussi les joies de la navigation méditerranéenne. Entre les effets de côte des vallées, qui accélèrent ou coupent le vent, les orages qui se forment rapidement, le vent passe de 25 à 4 nœuds en quelques minutes. Pas toujours simple d'interpréter les fichiers météo dans ces conditions.



Avec deux autres voiliers, EOS et Pepito, que l'on avait rencontrés à Ajaccio, on se suit plus ou moins, tous contraints de faire du port en port au rythme de la météo.


Les premiers pas du projet scientifique

Côté science, on manque encore un peu de temps. Entre les navigations, les réparations et les épisodes de mauvais temps, difficile de lancer tous les essais prévus. Cette première partie en Méditerranée est de toute façon prévue pour permettre d'installer les capteurs, de réaliser les premiers tests et de vérifier que tout fonctionne correctement avant l'Atlantique et les grandes traversées.


On commence à configurer un Raspberry Pi. Un petit ordinateur de seulement 9 cm sur 5 cm, alimenté en 12 volts et très économe en énergie, qui deviendra le cerveau du bateau. À chaque seconde de navigation, il enregistre automatiquement une multitude de données : heure, position GPS, cap, vent, vitesse, courant, angle de gîte, profondeur et bien d'autres paramètres. L'objectif est de pouvoir relier toutes ces informations aux prélèvements scientifiques réalisés en mer et de centraliser l'ensemble des données du projet.


Prochaine étape

Après ces premières semaines bien remplies, entre navigation, mécanique et mise en place du projet scientifique, on reprend la route. Prochaine escale : Marettimo, dans les îles Égades !

Commentaires


bottom of page